Bouchons de liège dans un vase

Qu’est-ce que le liège ?

Le chêne liège, ou Quercus Suber, est un arbre exploité pour son écorce qui fournit le liège, et qui se régénère une fois extraite. Cet arbre peut vivre environ 200 ans, et atteindre 12 à 15 m de hauteur. Les feuilles, petites de 3 à 5 cm, sont bordées de dents épineuses et cotonneuses sur leur face inférieure et persistent sur l’arbre pendant 2 à 3 ans. Les fleurs jaunâtres s’épanouissent au printemps courant avril et mai.

L’extraction du liège s’appelle la levée du liège, qui s’effectue durant la phase la plus active de la croissance de l’écorce (mi mai / juin à août).

4 pays en sont les principaux producteurs : le Portugal, l’Espagne, l’Algérie et le Maroc, représentant 91 % de la suberaie (forêt de chêne liège) mondiale qui couvre au total 2 687 milliers d’hectares. Les autres pays producteurs sont la France (Corse, Pyrénées-Orientales, Var, Aquitaine), l’Italie (Sardaigne) et la Tunisie (Kroumirie).

60 % de la production annuelle de liège est en partie faite au Portugal.

Chêne liège

Les étapes de fabrication des bouchons de liège

Le démasclage, 1re opération qui consiste à retirer la première écorce de l’arbre, se fait lorsque le tronc atteint 70 cm de circonférence. Cette étape n’est réalisée qu’au-delà des 25 – 30 ans passés du chêne liège. Trop tôt, l’écorce est encore collée à l’arbre, trop tard, elle est devenue trop sèche.

Le liège produit directement par l’arbre est le liège mâle ou liège vierge, crevassé et de moindre qualité, il peut être concassé en granulés servant à l’isolation pour sols et murs. Le nouveau liège qui se forme est le liège femelle ou liège de reproduction : cette nouvelle étape est l’écorçage, qu’on lève tous les 9 à 15 ans, quand l’épaisseur voulue de 3 cm est atteinte. Cette écorce sera de moyenne qualité, appelée liège de 1re reproduction. C’est le 3e écorçage, liège de reproduction, qui sera conservé grâce à sa bonne qualité, pour l’élaboration du bouchon.

Opulence de liège

Un chêne liège peut subir 20 écorçages dans sa vie. Avec une écorce, on fabrique 4 000 bouchons. Dans la vie complète de cet arbre, 80 000 bouchons peuvent en être produits !

La personne chargée de la levée du liège s’appelle un leveur. Il doit procéder aux 5 étapes suivantes :

Ouvrir
Séparer
Découper
Extraire
Marquer
Portrait de liège
Chênes
  • Ouvrir : ouverture de l’écorce avec une hache, en utilisant les fentes naturelles du bois en position verticale.
  • Séparer : séparer la planche du liège, entre la mie (ventre de la planche) et la mère (couche couvrant le bois du tronc).
  • Découper : à l’horizontale, on délimite la planche du liège qui reste sur l’arbre et celle  à décoller. Opération délicate et fragile pour l’arbre.
  • Extraire : on extrait la planche, en évitant de la casser. Plus grande elle est, plus elle a de la valeur ! Ensuite, répétition pour libérer tout le tronc de son écorce. Seuls quelques morceaux sont laissés à la base du tronc, le leveur doit taper dessus avec le manche de la hache, pour retirer les parasites au liège du pied.
  • Marquer : à la peinture, on mentionne sur chaque arbre le dernier chiffre de l’année de la levée.

Les planches restent stockées 6 mois à plat, à l’air libre au vent et à la pluie, avant toute future transformation. Le liège est un matériau 100 % naturel, recyclable et biodégradable. C’est un parfait isolant et le feu n’atteint pas l’aubier, partie vivant sous l’écorce. Cet arbre est donc d’un grand intérêt pour lutter contre les incendies estivaux dans les régions méditerranéennes.

Zoom de liège

De l’écorce au bouchon

  • Repos : les planches restent 6 mois à plat en repos.
  • Bouillage : les planches sont plongées en eau propre en ébullition pendant 1 h avec pour objectif, de les désinfecter et les nettoyer, d’en extraire les substances hydrosolubles, augmenter l’épaisseur et les rendre plus souples et élastiques.
    Stabilisation : pendant 2 à 3 semaines, le but est d’aplanir le liège et le laisser se reposer. Il va ensuite atteindre le taux d’humidité voulu entre 12 à 15 %.
  • Triage : classement des défauts critiques visuels.
    Découpage et tubage : les planches sont découpées d’une largeur supérieure au bouchon final. Avec un emporte pièce rotatif, on effectue le tubage dans la planche, on obtient un bouchon cylindrique, alors redimensionné suivant le bouchon final voulu
    Lavage, désinfection : lavage à l’eau oxygénée ou à l’acide péracétique.
  • Tri : on sélectionne par tri la qualité des bouchons, élimination par défauts. Étape faite à l’œil nu où par des machines de tri optique.
  • Colmatage : pour certaines qualités de bouchons (moins bonnes), opération consistant à obturer les pores sur la surface du bouchon avec de la poussière de liège.
    Marquage : les bouchons sont personnalisés par impression à encre alimentaire ou par le feu.
  • Traitement : à l’aide de paraffine ou silicone, revêtement alimentaire, on effectue un traitement de surface final pour faciliter l’introduction ou l’extraction du bouchon dans le col de la future bouteille.